Vendredi 9 janvier 2009 5 09 /01 /Jan /2009 18:58

Quand on arrive à Tabouânant au bout d’une longue piste poussiéreuse, on est, de prime abord, frappé par le calme qui y règne. Le silence n’est meublé que par les chants des oiseaux, par ailleurs fort nombreux, dans les arbres et les ravins alentours.

À l’entrée du village, l’école est fermée et abandonnée “depuis deux ans parce qu’il n’y avait pas plus de 10 enfants scolarisés”, nous apprennent les deux seules personnes que nous trouvons sur ce qui a l’air d’être la place centrale du village. Deux “imgharen” adossés à un talus et qui se chauffent les os au soleil timide du mois de mars. “D’ailleurs, ici, il n’y a ni cheikh likoul ni cheikh el-djamaâ. Ils refusent de venir dans ce bled perdu.” Il est difficile de croire que ce hameau, aujourd’hui déserté, ait un jour eu une réputation dans toute la Kabylie et même au-delà pour ses boiseries.“On fabriquait des portes, des fenêtres, des chevrons, des madriers, des lambourdes et bien d’autres choses encore et on les vendait partout.

D’ici jusqu’à Bougie et de Bouira jusqu’à Sétif”, nous dit l’un des derniers artisans du village, un homme qui manie encore la scie à 76 ans passés. “On choisissait d’abord les meilleurs arbres, ceux qui n’avaient pas d’imperfections et on les coupait à l’insu du garde-forestier qui faisait ses rondes à cheval”, ajoute-t-il avec une pointe de nostalgie dans la voix. “Aujourd’hui, les jeunes ont tous quitté le village et personne ne veut reprendre le métier”, finit-il par lâcher dans un soupir de regret.

Durant la révolution, le village a été vidé de ses habitants qu’on a déportés vers Ighil Ali. Les autorités coloniales, pour couper aux moudjahidine tout soutien logistique, ont déporté ainsi les populations de 19 villages dans les environs. Le colonel Amirouche y venait fréquemment. “Il avait plus de 500 combattants ici”, nous apprend-on. “C’est l’un des rares villages où il pouvait enlever ses pataugas”, nous dit-on avec fierté. Au légendaire baroudeur, on servait des “matlouâ” car il n’avait plus de dents, se souvient-on encore. La région, à cause de son relief accidenté et fortement boisé et à cause de l’esprit de rébellion qui a toujours animé ses habitants réfractaires à tout envahisseur, a été l’un des bastions de la lutte pour l’indépendance. En 1954, la résistance d’El- Mokrani était encore dans toutes les mémoires. Il ne s’agissait pas de prendre les armes mais de les reprendre.

Ici, on vous raconte que l’indépendance qui a “démarré” d’Alger en 1962 n’est toujours pas arrivée jusqu’ici. Elle a dû se perdre en route, car ses bienfaits sont inconnus de ce côté de la montagne. Seule l’électricité est arrivée à bon port en 1987 sur la propre initiative des gens de Tabouânant. “Il a fallu mettre la main à la poche pour l’achat des poteaux et la main à la pâte pour les planter en terre !”. Pour le téléphone, la route, le centre de santé et toutes ces petites choses qui vous rappellent que vous avez quitté le Moyen-âge, il faudrait, selon les dires des gens, une autre révolution, celle de 1954 ayant capoté.

Un village mort deux fois
Ici, jeunes ou vieux, on ne parle que de deux choses : les drames de la guerre et les misères de l’indépendance. Le village est mort une première fois lorsque ses habitants ont été forcés à le quitter pendant la guerre, et une deuxième fois lorsque les terroristes islamistes ont pris le relais des paras de Bigeard pour imposer leur diktat. Ils sont arrivés un jour ou plutôt un soir de l’année 1995 pour fondre sur le village comme une nuée de sauterelles. Après s’être livrés à leur petit prêchi-prêcha, ils ont démoli quelques postes-radio et fracassé des cadres sous prétexte que cela était “haram” mais le pire, malheureusement, ne tarda pas à arriver. Un jeune policier du nom de Benmessaoud Farid est tombé entre leurs mains.

Il a été emmené avec eux, torturé, égorgé et décapité. Son corps a été exposé sur une pompe à essence et sa tête empalée sur un piton à Tizi Lekhmis. Cela a donné lieu à un autre exode massif. Aujourd’hui, les portes de Tabouânant ne sont plus qu’un souvenir. Oubliées aussi les figues qui faisaient sa renommée. Tout de même, le village s’est fait une autre spécialité : les troupes folkloriques des Idhabalen. Il en possède déjà deux, fort bien appréciées dans toute la contrée. Abdelaziz Djaoud qui se définit comme artiste du folklore est, à 25 ans, l’un des précurseurs de ce genre musical. L’été, habillés à la traditionnelle, ils vont animer les fêtes de mariage dans les villages.

ça recrée la tradition et ça vaut mieux que d’aller s’expatrier ailleurs. “Les oliviers sont la seule chose qui nous retiennent ici”, dit-il en parlant de la vingtaine de familles qui s’accrochent encore à ses collines et à leurs lopins de terre. Aujourd’hui, ils doivent, en exploitant leurs parcelles, faire face à un nouvel envahisseur, le sanglier. Des hordes de sangliers affamés dévastent tout sur leur passage.

Le pire c’est qu’on ne peut même pas les combattre car, on ne leur a pas restitué leurs armes malgré leurs nombreuses demandes. “Pas étonnant, dit un vieux monsieur presque grabataire, l’État ne se manifeste ici que pour prendre nos voix ou nos armes !”

Djamel Alilat, Liberté

Par Karim Kherbouche - Publié dans : Reportages et nouvelles du village
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Samedi 3 janvier 2009 6 03 /01 /Jan /2009 21:48
Voici une vidéo qui vous ferait certainement sourire, je vous laisse la regader...
Par Karim Kherbouche - Publié dans : Vidéos de Tabouanant
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Jeudi 1 janvier 2009 4 01 /01 /Jan /2009 14:55


Je présente mes meilleurs voeux à toutes et à tous à l'occasion du nouvel 2009, notamment à tous les gens de notre cher village Tabouanant, où qu'ils soient dans le monde. Que cette nouvelle année vous apporte à toutes et à tous joie, bonheur, santé, réussite, prospérité, amour et affection !

Que cette nouvelle année soit celle de la paix dans le monde, de justice, d’amour et de tolérance et moins de violence et de haine.
                                                   Karim Kherbouche
Et pour commencer l'année avec le rire, je vous propose le jeu de mots de cette carte de voeux:

Par Karim Kherbouche - Publié dans : Actualité
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Dimanche 28 décembre 2008 7 28 /12 /Déc /2008 18:40

L’histoire de notre village gardera sans nul doute les belles voix de ses chanteurs. L’un d’entre eux et qui a animé le plus de fêtes au village, tout le monde le sait, c’est Karim Arégradj. Sa belle voix gutturale qui rappelle bien celle de son idole Chérif Hamani nous a bercés pendant des années. Il jouait du mandole comme un Dieu. On se souviendra toujours de ses prestations à la Cave de la Mosquée (Lakav Ldjamaa), Tizi Gouhriq, Takharat, Château d’Eau, l’Ecole, … des endroits où on avait l’habitude de se réunir en tant que jeunes du village pour écouter Karim chanter merveilleusement des tubes de Chérif Hamani, Matoub, Igmane, etc.

Ma foi, s’il composait des chansons, il aurait été une des vedettes de la chanson kabyle. En tout cas, il est une vedette à Tabouanant et c’est déjà ça pour nous. Sans oublier bien sûr les Aissa Ougour, Karim Mégrourèche, Ali Aderrouche, et de tous les autres chanteurs du village que nous évoquerons sur ce blog prochainement.    

Pour ceux qui s’intéressent au peoples et qui ne le savent pas encore, Karim Arégradj s’est marié l’été dernier. Toutes nos félicitations à notre artiste ! Aissa vient de temps à autres au village, quant à Karim Mégrourèche, il nous manque terriblement depuis qu’il est parti au Canada.

Nous aimerions un jour organiser un gala au village qui sera animé par tous ces chanteurs en présence de tous les villageois. Un rêve peut-être mais réalisable quand même ; il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas.

                                                                                                            Karim Kherbouche

Par Karim Kherbouche - Publié dans : Portrait d'une personnalité du village
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Dimanche 28 décembre 2008 7 28 /12 /Déc /2008 18:30

Les jeunes du village Tabouanant (commune d’Ighil Ali, département de Béjaia), anciens fidèles supporters de la JSK et désormais fervents fans de la JSMB, sont très enthousiastes suite à la victoire de la JSM Béjaia face au Nadi el Masri d’Egypte (2 à 0), match comptant pour la Coupe Nord-Africaine. C’est en tous cas ce qui se dégage clairement des discussions mouvementées entre les jeunes de ce village ces derniers jours, les soirs au retour de la cueillette des olives. Cette victoire, o combien méritée !, du club emblématique de Yemma Gouraya a fait oublier aux jeunes de Tabouanant, à l’instar de tous les conditionnels du sport roi de Kabylie, la défaite de la JSK face aux FAR du Maroc.     

Aussi, la JSMB sera en finale de cette même compétition africaine de football et affrontera à cette occasion l’ES Sahel tunisien. Nous souhaitons bonne chance à notre club et prompt rétablissement à la JSK et le MOB. VIVA JSMB !!!

Karim Kherbouche

Par Karim Kherbouche - Publié dans : Actualité
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Communiquer en Français. Karim Kherbouche. Edition L’Odyssée. 21 cm / 15 cm. 174 pages. Disponible chez les libraires en Algérie. Cliquer sur la photo pour entrer sur le site de l'Odyssée.

 

 

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PUBLICATIONS

Le temps des sirenes


Le temps des sirenes arrive
Vient la mort
Broyer l amour
Dans la detresse des jours
L'espoir s estompe
Et le dure combat
De la noire decennie
N'est que reve brise
Puis la vie est la
Source d amere melancolie
Tu es toujours debout mon pays
Malgres tes milles souffrances
Tu es debout pour la vie
Tu es debout pour la resistance
Demain ne sera pas un autre jour
Tu enterreras tes enfants avec douleur
Mais tu resteras debout mon pays
Pour cueillir la fleur de l esperance.

Par Arégradj Idris
Kabylie

Terre de mes aïeux,

Souvenirs précieux,

Pays de mon sang,

Paysages resplendissants.

 

Terre berbère,

Cherche ses repères

Dans un univers

Où un monde espère.

 

Terre de l’olivier,

Parfois oubliée,

Bercée de contes sacrés

Vêtue de costumes colorés.

 

Terre ensoleillée,

Parsemée de figuiers,

Où danse traditionnelle

Traduit l’espoir éternel.


Par Katia Hacène


TABOUANANT ATTITUDE

Vidéo: Ici Kamel Djaoud et des jeunes de Tabouanant chantant une chanson de rap! C'était vers la fin du mois d'août 2008. N'essayez surtout de comprendre les paroles parce que c'est du n'importe quoi!

ANANT PAR LA VIDEO

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Reportage sur Tabouanant

Quel que soit le chemin que l’on emprunte pour aller à Tabouanant, au bout d’un certain temps, on se retrouve tout à coup face à face avec ce village qui affiche une "mine" bien accueillante.
C’est alors qu’un tableau qui rappelle la beauté de la Kabylie profonde s’offre gracieusement aux yeux : plusieurs maisons disposées les unes à côté des autres le long d’une colline sont entourées d’une chaîne montagneuse qui semble s’accrocher au ciel et d’une forêt de pins. Tout en bas, un sentier serpentant entre les amandiers et autres arbres fruitiers descend vers la rivière d’Oumaden qui se déverse dans la Soummam.
Le climat y est rude et bien des histoires liées aux calamités de l’hiver sont transmises de génération en génération. Néanmoins, pendant la saison chaude, le village est un havre où l’ardeur du soleil ne dure que quelques heures pour laisser place au vent frais et permettre aux habitants de s’adonner aux activités champêtres ou tout simplement de sortir faire une randonnée… Lire la suite.

Le village kabyle aujourd'hui

Que reste-t-il du village kabyle d’antan? Où sont passés les métiers artisanaux qui faisaient nourrir les villageois et qui sont transmis de père en fils ? Qui se souvient encore des contes d’autrefois que racontaient chaque soir les bonnes vieilles femmes aux enfants autour du foyer (lkanun) pour les faire dormir? Que deviennent la maison kabyle traditionnelle et la djamaa du village, lieu de prédilection des campagnards ? Qu’a-t-on fait de la djebba, la resplendissante robe kabyle traditionnelle, et les magnifiques bijoux en argent fabriqués localement par les mains d’émérites artisans ? …
Hélas ! Toutes ces belles choses ne subsistent encore que dans de rarissimes villages et dans les romans d’écrivains tels que Feraoun et Mammeri. Lire la suite...

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