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Que reste-t-il du village kabyle d’antan? Où sont passés les métiers artisanaux
qui
faisaient nourrir les villageois et qui sont
transmis de père en fils ? Qui se souvient encore des contes d’autrefois que racontaient chaque soir les bonnes vieilles femmes aux enfants autour du foyer (lkanun) pour les faire dormir? Que
deviennent la maison kabyle traditionnelle et la djamaa du village, lieu de prédilection des campagnards ? Qu’a-t-on fait de la djebba, la resplendissante robe kabyle traditionnelle, et les
magnifiques bijoux en argent fabriqués localement par les mains d’émérites artisans ? …
Hélas ! Toutes ces belles choses ne
subsistent encore que dans de rarissimes villages et dans les romans d’écrivains tels que Feraoun et Mammeri.
Ah ! Le bon vieux temps
!
«Ah ! Le bon vieux temps ! », soupirent tous ceux et toutes celles qui se
rappellent avec nostalgie mêlé de regret les
délices de la vie en campagne d’autrefois. «Certes nous étions pauvres et nos villages furent dépourvus de tous les moyens –ils le sont toujours d’ailleurs- mais nous étions heureux et nous nous
aimons ne serait-ce qu’au sein de nos familles. Le soir venu, après une journée généralement harassante, la fatigue disparaît en se retrouvant en famille. On se parlait et ma grand-mère a su nous
transmettre la culture et la langue de nos aïeux grâce à ses beaux contes qu’elle ne se lassait pas de nous raconter pour nous faire plonger dans un sommeil apaisant. Nous étions imprégnés de nos
valeurs ancestrales qui permettent à une personne d’être bien dans sa peau. Actuellement, à titre d’exemple, chez moi, quand on n’est pas au boulot où à l’école, on passe tout notre temps à
regarder la télévision et lorsqu’on se parle, c’est pour se disputer tellement qu’on ne se
connaît pas et ce, bien qu’on vive sous le même toit!», se désole Baya, une quadragénaire, résidant en
ville.
« A l’époque, nos journées étaient remplies et il n’y avait point de place à la monotonie qui fait
malheureusement des ravages au sein de la jeunesse d’aujourd’hui notamment en milieu rural avec son corollaire les fléaux sociaux », constate Dahmane avant d’ajouter : «Mon travail me stresse
beaucoup et mon lieu de villégiature c’est mon village où j’ai toujours gardé un pied ».
Il fut un temps, cette vie
de style paysan et pastoral faisait ravir même les citadins. La campagne offrait une multitude d’activités et de loisirs qui faisait qu’on s’ennuyait pas. «Chaque saison avait ses propres
délices. Par exemple, pendant l’hiver, c’est la cueillette des olives avec son ambiance joviale et c’est la période de la chasse aux grives et aux étourneaux qui arrivent chez nous en milliers.
Nous passions des journées entière dans la forêt en bande d’amis, nos fusils en bandoulière, à chasser les lièvres et les perdrix. Quand il n’y a rien à faire, on jouait aux dominos ou aux
cartes. On ne restait jamais sans rien faire. Quant à moi, je passais des heures et des heures sur le bord de la rivière située à quelques encablures du village à jouer de la guitare. C’était
également l’époque où l’on se souciait pas du lendemain. Des moments qui demeureront gravés à jamais dans ma mémoire ! ».
Les fêtes traditionnelles, la fontaine et ses histoires d’amour platonique, les
retrouvailles de l’été, la neige et ses jeux, le premier jour du printemps, l’école du village, etc., sont
autant de beaux souvenirs que nos interlocuteurs gardent de leur vie passée au village et qu’ils s’empressent à nous livrer frénétiquement.
Quand les villages faisaient nourrir leurs habitants
La Kabylie, cette région
montagneuse d’Algérie, fut surtout connue pour ses nombreux métiers artisanaux aussi bien masculin que féminin, tels que la menuiserie, la poterie, l’orfèvrerie, le métier à tisser, et j’en
passe. Ces métiers transmis de génération en génération permettaient aux paysans d’avoir du travail chez eux en restant auprès de leurs familles et des siens. Le relief accidenté de cette région
n’a pas empêché l’activité agricole et l’élevage de s’épanouir. «Nos raisins se faisaient exporter jusque dans des pays européens », nous dit-on dans un village de la Soummam.
Par ailleurs, les rudes montagnards ne badinaient pas avec la solidarité qui
était à la fois une valeur ancestrale et un devoir. Cette valeur nous pouvons la retrouver dans nombre
de domaines de la vie de tous les jours des ruraux. La touiza ou bien "Tiwizi" dans la transcription bèrbère, en est une de ses formes. C’est une action d’entraide autour de laquelle se
mobilisent les habitants du village à certaines occasions pour apporter aide à un des leurs dans l’exécution d’une tâche quelconque, telle que la construction d’une maison, la cueillette des
olives...
Cet esprit solidarité et le souci de l’égalité étaient des principes qui guidaient le comportement des
citoyens. Ecoutons, à titre d’exemple, ce témoignage : «Vers la fin des années 70, mon père qui venait de rentrer de France, était le seul au village à être véhiculé, il avait une Peugeot 404
toute neuve. Nous étions trois frères à étudier dans une école élémentaire située au chef-lieu de commune, à une douzaine de kilomètres de notre village. Eh bien, nous parcourions, moi et mes
frères, quotidiennement comme tous les autres enfants du village, ce trajet à pied parce que mon père jugeait que nous devrions être comme tout le monde au village ».
La solitude des vieillards
Rares sont les jeunes gens qui continuent de vivre
dans les villages. La
plupart ont carrément quitté
le pays, certains travaillent en ville, d’autres ne remettent plus les pieds chez eux depuis des années. « Pourquoi faire ? », dit-on désespérément.
Les vieillards qui ne peuvent point se départir de leur milieu naturel sont les seuls à peupler ces villages. Pour eux, il est hors de
question de changer leur façon de vivre et d’être. «Il y a quelques années, quelque soit le pays où une personne de notre village réside, à son décès, c’est ici que nous l’enterrons parmi les
siens. Les gens maintenant sont devenus fous : ils organisent leurs fêtes, ils enterrent leurs morts dans les villes où ils habitent sans qu’on soit même pas au courant », déplore un vieux
villageois.
L’éloignement des villages et le manque, pour ne pas dire l’absence, de
moyens de toutes sortes a contraint les jeunes à partir en
ville pour construire un avenir meilleur. Les besoins des habitants de la campagnes se sont également multipliés. « A l’instar de tout le monde, nous avons besoin de profiter des commodités
qu’offre le développement technologique », nous dit Belaid. Et de poursuivre : «notre village malheureusement ne peut plus offrir à ses jeunes habitants d’aujourd’hui ce dont ils ont besoin et
qu’ils ne peuvent parfois trouver que sous d’autres cieux ».
A cet état de fait vient s’ajouter l’insécurité liée
au terrorisme qui a ensanglanté le pays ces dernières années. C’est en quelque sort la goûte qui a fait déborder le vase. Bien des montagnards furent contraints d’abandonner leurs champs et leurs
demeures pour aller vivre ailleurs où il y a de la sécurité. Ensuite, ils se rendent compte qu’elle est plus facile la vie en ville et, par conséquent, ils ne retournent plus dans leur village
d’origine.
Signalons enfin qu’il existe toutefois des villages qui ne sont pas concernés totalement ou en partie
par ce que nous avançons ici. Bien sûr, la situation d’aujourd’hui ne ressemble plus à celle des années 90. Nous assistons ces dernières années à un certain retour des habitants.
Toutefois, le dépeuplement qu’ont connu les villages a entretenu la fermeture des écoles par les responsables de l’éducation pour manque
de suffisamment d’effectifs d’élèves, la fermeture des commerces, l’absence de transport, etc., ce qui n’a fait qu’empirer davantage la situation.
Y a-t-il un espoir de voir les villages ressurgir ? Si, c’était le cas, que deviendront-ils dans le futur ?
Attendons les années à venir pour connaître la réponse à cette épineuse question.
Par Karim Kherbouche
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Tabouanant
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Le temps des sirenes
Le temps des sirenes
arrive
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Broyer l amour
Dans la detresse des jours
L'espoir s estompe
Et le dure combat
De la noire decennie
N'est que reve brise
Puis la vie est la
Source d amere melancolie
Tu es toujours debout mon pays
Malgres tes milles souffrances
Tu es debout pour la vie
Tu es debout pour la resistance
Demain ne sera pas un autre jour
Tu enterreras tes enfants avec douleur
Mais tu resteras debout mon pays
Pour cueillir la fleur de l esperance.
Par Arégradj Idris
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Souvenirs précieux,
Pays de mon sang,
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Terre de l’olivier,
Parfois oubliée,
Bercée de contes sacrés
Vêtue de costumes colorés.
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Parsemée de figuiers,
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Par Katia Hacène
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Quel que soit le chemin que l’on emprunte pour aller à Tabouanant, au bout d’un
certain temps, on se retrouve tout à coup face à face avec ce village qui affiche une "mine" bien accueillante.
C’est alors qu’un tableau qui rappelle la beauté de la Kabylie profonde s’offre gracieusement aux yeux : plusieurs maisons disposées les unes à côté des
autres le long d’une colline sont entourées d’une chaîne montagneuse qui semble s’accrocher au ciel et d’une forêt de pins. Tout en bas, un sentier serpentant entre les amandiers et autres arbres
fruitiers descend vers la rivière d’Oumaden qui se déverse dans la Soummam.
Le
climat y est rude et bien des histoires liées aux calamités de l’hiver sont transmises de génération en génération. Néanmoins, pendant la saison chaude, le village est un havre où l’ardeur du
soleil ne dure que quelques heures pour laisser place au vent frais et permettre aux habitants de s’adonner aux activités champêtres ou tout simplement de sortir faire une randonnée…
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Que reste-t-il du village kabyle d’antan? Où sont passés les métiers artisanaux qui faisaient nourrir les villageois et qui sont transmis de père en fils ? Qui se souvient
encore des contes d’autrefois que racontaient chaque soir les bonnes vieilles femmes aux enfants autour du foyer (lkanun) pour les faire dormir? Que deviennent la maison kabyle traditionnelle et
la djamaa du village, lieu de prédilection des campagnards ? Qu’a-t-on fait de la djebba, la resplendissante robe kabyle traditionnelle, et les magnifiques bijoux en argent fabriqués localement
par les mains d’émérites artisans ? …
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