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Le Tabouanant Magaⵣine

Le Tabouanant Magaⵣine

Le journal de ceux et celles qui n'ont pas oublié d'où ils viennent


C’est au village Tabouanant que j’ai rencontré le Colonel Amirouche, témoignage de M. Medjdoub ALI :

Publié par Karim Kherbouche sur 26 Décembre 2008, 13:36pm

Catégories : #Témoignages sur Tabouanant

Voilà bien un témoignage qui donnera la chair de poule à tous les habitants du village Tabouanant. J’ai eu des larmes aux yeux en le lisant sur mon autre blog http://kherbouche.dzblog.com posté par M. Medjdoub ALI comme commentaire sur l’article Si Tabouanant m’était contée. C’est une partie de la mémoire de ce glorieux village que vient de réhabiliter l’auteur de ce commentaire dont j’ai le plaisir et l’honneur de partager avec vous. J’attends des commentaires de votre part !  
Tous nos remerciements à M
Medjdoub ALI
et nous lui souhaitons longue vie. Voici donc son témoignage :


« Ce que je vais écrire est un témoignage sur ma jeunesse et ce village inoubliable de Tabouanante, qui  restera pour toujours un des repères essentiels de la trajectoire de ma vie
. C'est dans ce village que j'ai parlé au Grand Amirouche pour être enrôlé dans l'ALN. C'est vers la fin décembre 1956, où l'un des tous premiers jours de janvier 1957. J'arrivai de la région de Bordj Bou Arreridj en compagnie du guide (instruit sur nos voeux par le commissaire  politique Si Abderrahmane Benmouffok qui m’a appris des rudiments d’arabe à la mosquée du douar SIDI IDIR, chahid, que Dieu l'accueille en son paradis) et d'un petit groupe de lycéens et d'étudiants. Avant de nous présenter au Grand Amirouche, on nous emmena dans une petite masure où l’on nous servit du café noir bien chaud accompagné de sfendj (beignet) frit à l’huile d’olive à la kabyle. Ce matin, le temps était gris et froid. On nous fit ensuite  entrer dans une grande pièce, peu éclairée, pratiquement vide de meubles, où se tenait, et je l’ai vite compris, une réunion de responsables de la lutte de libération nationale. Ils étaient tous assis carrément par terre sur des nattes  et discutaient calmement. Le Colonel Amirouche et son staff étaient en discussion avec un groupe de responsables venus de
la Wilaya I, des Aurès. A notre vue, la discussion diminua sensiblement et Amirouche s’adressa  à nous, l’un après l’autre, d’une voix paternelle très aimable et douce pour nous demander chacun où l’on voulait être affecté. C’était pour moi un instant d’intense bonheur. Amirouche nous présenta pratiquement chacun des grands responsables moudjahines présents, il y avait là en compagnie de Amirouche et de son staff les gens des AURES: Mohamed Laamouri, Ahmed Nouaoura, El Hadj Lakhdhar Labidi, El Haoues Ben Abderrezak, Ali N’mer, Ali Machiche, Mohamed Hadjar, Ali Chabati, Cherif Djoughri (toutes mes excuses si j’ai oublié quelqu’un, ce sont des souvenirs d’il y  a plus de 52 ans). En ce qui me concerne, c’est Ahmed Nouaoura qui m’a proposé lui-même si j’acceptais d’assurer le secrétariat de la Zone d’Arris en plein Aurès. Mon oui fut immédiat ! Quelle chance et quel honneur!

Les affectations terminées, on nous intégra au reste des djounouds de l’ALN  dans les autres maisons du village de TABOUANANTE. J’étais aux nues de bonheur et de joie ! J’étais dorénavant soldat de la Glorieuse ALN !   

Le soir, tout le monde prit le chemin pour rejoindre MOUKA (Amirouche étant toujours à la tête du convoi)  où eurent lieu, quelques jours après, les séparations et le départ des Aurèssiens vers la W 1 en rejoignant d’abord le djebel de MANSOURAH couvert de neige gelée sur laquelle on marchait difficilement. Le Grand AMIROUCHE  n’a pas manqué de faire couvrir une partie de notre trajet vers le djebel Mansourah par le groupe de baroudeurs de ABDELKADER EL BARIKI (de son vrai nom ABDELKADER AZIL). Que Dieu bénisse à jamais TABOUANANTE !! »

P. S. : Nous vous invitons à nous faire part de vos témoignages sur le village Tabouanant: son histoire, des souvenirs d'enfance, des anecdotes, etc. Tanemmirt ay arraw n tmurt!

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ahmed 22/02/2017 21:11

vive beniilmane chouhada de 28/05/1957

MEDJDOUB ALI 20/11/2010 20:37



Amirouche a été un chef de maquis valaureux,d'une exceptionnelle ténacité.Il a donné des sueurs froides aux troupes coloniales françaises.Il fut un combattant et en tant que tel exposé donc à la
mort à tout moment.fatalité normale et objective.Son sourire est toujours présent ,jusqu'à ma mort je ne l'oublierai jamais.Dire que je savais que son corps et celui de El Haoues étaient cachés
et non entérrés dignement pendant des années ,c'est aller trop vite .Je jure devant Dieu que je n'ai su cela que le jour où le fils du chahid Amirouche ,noredine l'a déclaré lors d'une
conférence au siège d'El moudjahid en 2009.C'est scandaleux,la vérité doit être faite.L'Histoire ne pardonnera jamais un tel acte! Quant au livre de Mr Sadi,je l'ai lu,je ne ferai aucun
commentaire pour le moment.Ce livre appartient maintenant à la bibliographie parahistorique de l'algerie.Mr Sadi porte la reponsabilité entière de ce qu'il cru bon de publier.par contre, je suis
un peu destabilsé et déçu par le ton et le contenu des ses différentes campagnes politiques en Algerie et en France.Il faudrait qu'il vérifié à dix fois s'il le faut,tout ce qu'il
déclare devant ceux qui l'écoutent,l'Histoire c'est comme la guerre ,on paie toujours les factures des ses faux et de ses erreurs .     


 


 


 


 



Commandant Azzedine 11/05/2010 18:24



Vous avez raison Arris. On attend la réponse éventuelle de Dda Ali. Les faits tels que relatés sur l'assassinat de Amirouche par Dr. Said Sadi dans son livre Amirouche, Une vie, Deux morts,
Un testament sont accablants!  


Boumedien doit être condamné par la justice et l'histoire à titre posthume. Mais, je suis sûr qu'un jour, ils payeront tous pour le mal qu'ils ont fait à l'Algérie et à son peuple.  



Arris 11/05/2010 10:56



a Medjdoub Ali,


C'est beau ce que vous dites sur Amirouche. Mais pourquoi vous avez rien dit quant vous avez su que Boumedienne l'avait  enterré dans le sous sol d'une gendarmerie ???  



Karim Kherbouche 24/02/2010 19:47


Merci M. Ali pour ces commentaires. Les habitants de notre village savent que vous parlez la vérité tant vous révélez des informations connues déjà de personnes âgées chez nous. A propos, Amirouche
disait qu'à Tabouanant il pouvait se déchausser en toute tranquilité sachant qu'il n'y a pas de mouchards. Merci encore et au plaisir de vous relire


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