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Le Tabouanant Magaⵣine

Le Tabouanant Magaⵣine

Le journal de ceux et celles qui n'ont pas oublié d'où ils viennent


Les enfants de mon village privés de leur école

Publié par Karim Kherbouche sur 20 Janvier 2009, 13:29pm

Catégories : #Actualité

Je ne vous cache, chers amis et frères, ma profonde tristesse de voir le piteux état dans lequel se retrouve l’école de mon cher village Tabouanant. Cet établissement scolaire, l’unique infrastructure construite par « l’Etat algérien » dans mon village, fermé pour, avance-t-on en guise d’argument fallacieux, « manque d’effectifs suffisants d’élèves », est aujourd’hui réduite à une vulgaire bâtisse sans âme. Pis, laissé à l’abandon, il a fait l’objet d’actes de vandalisme inqualifiables (Retrouvez prochainement, jointes à cet article, des photos de l’intérieur de ladite école pour constater vous-même les ravages qu’elle a subis ; je le ferai dès que j’aurai un peu de temps libre pour aller à Tabouanant). Voilà bien une fort belle manière de récompenser, dans l’Algérie soi-disant indépendante d’aujourd’hui, notre village qui a payé un lourd tribut pour libérer le pays du joug du colonialisme ! C’est bel et bien lamentable !         

Ma foi, ça me fait extrêmement mal au cœur de voir cette école où j’ai étudié, à l’instar de la plupart des jeunes de mon village, dans une telle dramatique situation. Plus qu’une école, elle revêt pour nous une valeur symbolique.    

Les habitants de Tabouanant, à l’instar de ceux de toute la Kabylie profonde, sont pris dans un cercle vicieux fomenté par les décideurs de ce pays : on crée toutes les conditions contraignant les villageois à prendre le chemin de l’exode et quand ceux qui y restent malgré tout, réclament le minimum vital (le transport, l’eau, l’électricité, le revêtement des routes, le travail, etc.), les autorités locales réservent toujours une fin de non recevoir à leurs doléances sous prétexte que l’Etat ne peut débourser de l’argent pour une localité où il n’y a pas assez d’habitants.           

Dans la wilaya de Béjaia à elle seule, une bonne cinquantaine d’écoles primaires, situées dans des zones rurales, ont connu le même sort que celui de l’école de notre village. Les responsables  de la Direction de l’Education de la wilaya de Béjaia, mis dans une situation embarrassante, préfère parler d’écoles « gelées » que d’écoles « fermées ». A vrai dire, quelque soit la terminologie employée, le résultat est le même : nos enfants se lèvent à quatre heures du matin pour aller étudier dans des écoles situées à plus de douze kilomètres dans le chef lieu de la commune ! Comme au bon vieux temps, quoi ! En plus ce sont en général leurs parents qui assurent leur transport en louant des minibus (fourgons).           

La législation exige un effectif d’au moins 14 élèves par classe pour qu’une école demeure en exerce. Mais des cas exceptionnels existent et nous l’avons vérifié sur le terrain. L’école de Takhribt, dans la commune de Béni Maouche, pour ne citer que celle-là, est toujours ouverte bien qu’elle ne satisfasse pas la condition suscitée. « Ce village est trop éloigné et les enfants sont dans l’impossibilité d’aller dans d’autres écoles de la commune », argue-t-on à la DE. Mais, notre village n’est-il pas aussi éloigné que celui de Takhribt ? Nous n’avons rien contre nos frères de Takhribt mais cette politique de deux poids deux mesures est plus que déplorable.

Soulignons qu’outre l’exode rural, le manque d’effectif d’élèves dans les écoles primaires est lié, entre autres, à la réduction du taux de natalité (dû à une augmentation sensible du taux de contraception) et à la diminution sensible ces dernières années du nombre de mariages (principales causes : chômage, crise de logement, détérioration du pouvoir d’achat, etc).

Nous pensons qu’il est impératif aujourd’hui de revoir les textes régissant les écoles primaires. La réduction du nombre règlementaire d’effectif d’élèves et la création de nouveaux postes budgétaires d’instituteurs s’imposent plus que jamais. Les enfants n’ont pas à payer les frais des réformes économiques d’apprentis sorciers narcissiques.

Enfin, pour l’amour de Dieu, messieurs les responsables concernés, commencez d’abord par la remise en état de cette école. Cela ne coûte pas les yeux de la tête pourtant. En attendant, quoiqu’il en soit, l’espoir est permis.                    

 

                                                                        Par Karim Kherbouche

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L'école primaire de Tabouanant, il y a de cela 25 ans...


L'école primaire de Tabouanant, aujourd'hui ....

A tamurt-iw âzizen...

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