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Le Tabouanant Magaⵣine

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Le journal de ceux et celles qui n'ont pas oublié d'où ils viennent


L'univers magique des femmes kabyles

Publié par Karim Kherbouche sur 14 Juin 2009, 15:28pm

Catégories : #Reportages et nouvelles du village

La femme kabyle, gardienne des traditions

"La femme kabyle demeure la gardienne de la langue, des rites et des valeurs de la tradition". Makilam, auteure de "Signes et Rituels magiques des femmes kabyles", elle-même femme et kabyle à la fois, nous dévoile l'univers secret et bien gardé des femmes kabyles. Pour comprendre le rôle que joue la femme dans la société kabyle traditionnelle, il faut d'abord comprendre comment était organisée la société kabyle.

 

La solidarité dans la société kabyle, un élément fondamental

La société traditionnelle kabyle est fondée sur l'association de tous les membres de la famille au sens large : les grands-parents, les cousins germains ou lointains sont tout autant impliqués dans cette association.

La dissociation des genres (homme/femme) et la séparation des tâches n'entraînent pas forcément des rapports de force entre les hommes et les femmes. C'est le Iziwi, l'entraide, qui domine chez les berbères de Kabylie. "Cette conception de la vie sociale implique la responsabilité de chaque membre de la famille et s'étend jusqu'au village.", explique Makilam.

 

Le rôle des femmes dans la société kabyle

Selon l'étude de Makilam, il apparaît que dans la société kabyle, les femmes tiennent une place privilégiée. "Elles en sont les piliers et c'est sur elles que repose l'économie familiale. Les liens de parenté sont déterminés par le clan de la mère. Le savoir et la médecine sont transmis de mère en fille", nous précise Makilam. Et s'il est une figure féminine incontournable dans la société kabyle, c'est celle de la Sage, la femme âgée du clan, appelée "Tamghrart" : la vieille, tout simplement ! "La vieille" dirige les activités des femmes du clan, est présente lors des grands événements du clan, tels les mariages ou les naissances, et ouvre toujours les cérémonies. Elle est souvent consultée par les plus jeunes pour ses sages conseils. Photo : femme kabyle de la région Tizi-Ouzou, portant un tbessaht c'est-à-dire un diadème, bijou porté comme un bandeau, autrefois symbole de royauté ou de noblesse, qui ornait le front de la femme Kabyle. Le faucon est représentatif de la faune kabyle.

 

Une organisation sociale proche de la Nature

Il apparaît dans la culture des Kabyles un fort attachement à la nature et à son rythme cyclique. Dans la pensée traditionnelle kabyle, l'année prend la forme (imaginaire) d'un cercle de saisons. Les saisons sont délimitées par des sortes de portes symboliques, que l'on franchit tout au long de l'année : ce sont "les portes de l'année", Tibburen Ussegwass en Kabyle. Ces portes ou seuils, sont en fait des rites de passage qui conditionnent la vie des êtres humains selon les croyances kabyles. Les peuples sans écriture, tel le peuple kabyle, utilisaient en effet les lois de la nature comme repères pour organiser leur vie. Ce modèle naturel est repris dans les rites magiques des femmes kabyles.

 

Les signes magiques des femmes kabyles

La pensée kabyle se traduit de façon magique et par conséquent, s'avère difficile à retranscrire de façon rationnelle, même si Makilam parvient fort bien à nous transmettre cet univers de magie dans son ouvrage. Les femmes kabyles avaient un mode de communication secret, ésotérique, qui leur permettait de faire passer des messages que seules les initiées pouvaient comprendre. Ce moyen de communication était un art de transcription, au moyen de dessins ou d'écritures. C'est à travers ses poteries, ses tissages, ses peintures et ses tatouages, que la femme kabyle transcrivait les signes magiques de sa nature changeante, cyclique, à l'image de la Nature.

Nous évoquons ce savoir au passé car les traditions féminines de la Kabylie profonde sont en voie de perdition, l'urbanisation et la modernité y aidant. Cet art féminin se transmettait uniquement de mère en fille car il était en rapport direct avec leur féminité et la métamorphose de leur corps. Cette tradition féminine n'a pas été influencée par la culture islamique, elle revêt donc un caractère authentique. Ses dessins artistiques et hautement symboliques qui apparaissaient donc sur les créations artisanales des femmes kabyles, n'ont été reconnus comme supports de magie que très tard.

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tama_zgha 06/07/2009 22:34

tnmirt-ikh a karim un la denek chedahntek walen wessen amekh ikaran wess-an lol???!!!! chwi kan nessaa l site agi ichebhen  ix yejan nessekess ikhiq ghef ulwen . adingh kan ghef temttud taqbaylit yen wawal d asirem u zeka merci miss xalti 

Karim 04/07/2009 19:53

Asefru-inek igerrez s wattas a mmi-s xalti. Tughaled d amedyaz ameqqran. Attas aya ur k-walant wallen-iw, amek tettilid?  

Karim 04/07/2009 19:30

Je suis de votre avis Hassiba mais ce n'est pas une raison pour baisser les bras. Le combat doit continuer au féminin avec tous les hommes et les femmes qui croient que notre dignité passe par la reconnaissance des droits des femmes. Je ne peux imaginer la démocratie sans égalité entre les hommes et les femmes. Mais en Algérie ce n'est pas uniquement les femmes qui sont piétinées mais tout être humain y est méprisé. Quant aux ârouchs et à ceux qui se réclament du combat pour la démocratie, parfois ils n'ont de démocrate que le nom. Quand ils parlent des femmes j'ai l'impression d'entendre quelque chose comme "Je suis pour la liberté de toutes les femmes sauf la mienne!" lolMerci encore Hassiba de votre contribution à ce débat passionnant tout de même.    

tama_zgha 04/07/2009 11:01

bonjour a tous ( bjr karime) voila  la chanson  qui j'ai fait pour a mnzu narbiaa a ta bouanante saramagh awentaajeb : AMZWAEU NARBIAA   ABRID MI THEDBDIGH  SELIGH TAGHRATIN   ZIGH DA MNZU NARBIAA AD FEGHENT SUKHRIN      ATTAN CHEBHED AMZUN TTISLIT    DE FIR GEMAS TEFRED TEZGAR ASSIF   UL IW YAALULEQED MI ITTYEZRA YEZGA D RIF   ADI CHEKHTI ULA HED MESSKIN YESSIKHFIF .  MARA DEMAKHTIGH I LA AAWAYED ANZIKH  GHER SIDI ALI WAAMAR AYARIGH ECHMAA NEZIT I SIDI REBI AYEDAAIGH AGHDIMUD THALWITH GER LAHBAB IW IUCHENIGH ASSAAUM THARGIT CHIGH SEWIGH D TITT NELBIR   ANIDA YARIGH IZAD FELI ELKHIRABRID MIYULIGH NEK DWAHBIB NESQASIRGER ATH AABLA TTWALIGH YU QAA U MYAZWIRSU CHWIQ TEMGHART IDENKAMEL ABRID GHER SIDI ELMOUHUB ANQABEL ASSGASS AJDIDSEKRA GUIN YELAN DE SALHIN AKH YEFSI ELQIDADYAHLU WILAN DAMUD YALAS FELAGH D ELAAID THANMIRT A MIS KAHLT

Hassiba 03/07/2009 23:35

Azul A Karim,Bien vu, je suis de la Grande Kabylie. chez nous, les femmes jouissent à nos jours d'un statut autre que celui d'autrefois; elles sortent, elles travaillent, elles vont à l'école... mais pourrons nous qualifier ces pas en avant comme une veritable victoire contre l'archaisme auquel étaient voués les femmes avant? mais je veux surtout parler de la vision androcentrique sur laquelle est basée la société kabyle! autant d'éléments montrent aujourd'hui encore que la condition de la femme kabyle reste secondaire. il n'y a qu'à lire les différents points de la plate forme d'El Kseur parmi lesquels aucune mention de femme n'y figure. alors qu'on sait parfaitement que l'évolution du statut socio-anthropologique de la femme kabyle passe d'abord par la sphère politique; hélas, la politique algérienne dans sa totalité réduit la femme au statut de mineure à vie avec son code de l'infamie. donc, je dirai que le chemin est long pour arriver au bout du tunnel A Karim!!!Tanmirthik

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